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Valorisation d’une zone humide

RESTAURER le fonctionnement hydrologique de la zone humide (nappe, ruissellement, saturation des sols).
RÉDUIRE les impacts des aménagements de la station (drains, pistes, retenues, routes) sur l’eau.
RENFORCER la biodiversité (habitats humides, amphibiens, odonates, flore hygrophile).
CONTRIBUER aux objectifs ZAN par la renaturation du territoire.
la commune et l’intercommunalité, via leurs compétences eau, environnement et urbanisme, le gestionnaire du domaine skiable (SEM ou société d’exploitation), ainsi que les structures environnementales c(Parc National, Parc naturel régional ou Conservatoire d’espaces naturels). S’y ajoutent les services de l’État (DDT, OFB, Agence de l’eau), les propriétaires fonciers publics et privés, éventuellement un EPF, mais aussi les acteurs touristiques et associatifs du territoire : Office de tourisme, écoles de ski, accompagnateurs en montagne et associations locales.

Budget

50 000 à 200 000€

Temps

3 à 5 ans

Étapes

  • Délimiter précisément la zone humide et son bassin versant, en analysant topographie, sols, végétation et écoulements.
  • Présenter le diagnostic aux élus, à l’exploitant et aux acteurs environnementaux, puis co-construire une vision cible : niveau d’eau souhaité, vocations du site, usages autorisés ou limités.
  • Sécuriser le cadre foncier, réglementaire et financier du projet. En parallèle, monter le dossier Loi sur l’eau (déclaration ou autorisation), intégrer le projet dans le PLU/PLUi (zone N, OAP, objectifs ZAN, trame verte et bleue) et construire un plan de financement.
  • Choisir le niveau d’intervention, puis concevoir les actions : comblement partiel de fossés, bouchons de drains, micro-seuils, dérivations ou réouverture de petits chenaux. En parallèle, définir les interventions sur les sols et les mesures sur la végétation.
  • Planifier les interventions en fin d’été / automne, en évitant les périodes sensibles pour la faune. Les remblais et talus problématiques sont reprofilés en douceur, de petites mares et micro-reliefs peuvent être créés pour favoriser la biodiversité, en veillant à limiter la compaction des sols.
  • Assurer le suivi et la valorisation du projet : mettre en place un plan de suivi pluriannuel, observer l’évolution des usages et ajuster si nécessaire. Corriger les dysfonctionnements éventuels (érosion, colmatage, assecs anormaux). Parallèlement, il s’agit d’intégrer le site dans la communication de la destination.

Retour d'expérience

Qui êtes-vous ?

Je suis Léo Tixier, je suis responsable aménagement et environnement du domaine skiable des Arcs. Mon rôle, c’est de faire le lien entre les besoins d’exploitation – pistes, remontées, damage, neige de culture – et les enjeux de protection des milieux : sols, eau, biodiversité. On est clairement sur une station de haute montagne très aménagée, donc chaque décision qu’on prend a un impact, positif ou négatif, sur le territoire.

Un projet de réhabilitation de zone humide

On avait identifié depuis longtemps une zone en pied de piste, anciennement humide, qui avait été très drainée et remblayée lors des premières phases d’aménagement. On voyait bien que “quelque chose ne tournait pas rond” : ruissellements très rapides à la fonte des neiges, ravinement des pistes, flaques boueuses en aval, et en même temps une biodiversité très pauvre sur un secteur qui, historiquement, était une prairie humide très riche.
 Avec le changement climatique, on est aussi en train de se rendre compte que chaque mètre carré capable de stocker de l’eau, de ralentir les flux et de rafraîchir le microclimat devient précieux. La zone humide cochait toutes ces cases : c’était à la fois un enjeu écologique, hydrologique et d’adaptation de la station à long terme.

Un diagnostic assez poussé

On a commencé par un diagnostic assez poussé : piézomètres, profils de sols, cartographie du bassin versant, inventaires faune-flore. On a découvert que, malgré les drains et les remblais, les sols gardaient une forte hydromorphie, avec encore des horizons organiques en place. 
À partir de là, on a travaillé avec un bureau d’études, le Parc National et l’Agence de l’eau pour définir un scénario de restauration “réaliste” pour une station de ski : neutralisation progressive des drains, comblement partiel de certains fossés, re-profilage doux de talus, création de petites mares peu profondes et de micro-reliefs.
 On a aussi fait le choix d’un platelage bois et d’un petit belvédère pour permettre au public d’entrer dans la zone sans la piétiner, et de panneaux qui expliquent le rôle des sols hydromorphes, de la végétation et du stockage d’eau.

“Est-ce qu’on va se créer des problèmes de damage et de sécurité ?”

La principale inquiétude de l’équipe d’exploitation, c’était : “Est-ce qu’on va se créer des problèmes de damage et de sécurité ?”. On a donc travaillé très finement sur les limites de la zone, les passages d’engins et les accès secours.
 Au final, on a déplacé légèrement un tracé de piste, ajusté deux passages de dameuse et modifié un accès technique. En échange, on a gagné : * moins de ravinement sur un secteur sensible, * une meilleure tenue de la neige sur les abords, * moins de boue qui descend sur les chemins en intersaison. 
L’idée n’était pas de “sacrifier” une zone d’exploitation, mais d’intégrer la zone humide comme un élément de confort hydrologique pour le domaine.

Quels conseils donneriez-vous à une autre station qui veut se lancer ?

Je dirais : 1. Ne pas sous-estimer la phase de diagnostic. C’est là que tout se joue : comprendre l’eau et les sols avant d’agir. 2. Associer très tôt les équipes d’exploitation. Si les dameurs et les pisteurs ne comprennent pas le projet, ça ne tiendra pas dans la durée. 3. Viser la cohérence à l’échelle du domaine : ce n’est pas “une petite zone verte dans un coin”, c’est une pièce dans le puzzle de la gestion de l’eau et de l’adaptation au climat. 4. Et enfin, accepter que ce soit un projet au temps long : une zone humide ne se “fabrique” pas en un hiver, elle se reconstruit sur plusieurs années. Mais une fois que ça fonctionne, c’est un vrai atout, autant pour la montagne que pour l’image de la station.

Quels ont été les principaux points de vigilance ?

Le premier, c’est de ne pas faire de la déco. Une zone humide, ce n’est pas “on creuse un joli étang” : c’est un équilibre entre nappe, sols, topographie et végétation. On a vraiment insisté pour partir du diagnostic hydrologique et pédologique, pas d’une image de carte postale.
 Le deuxième, c’est la gestion des attentes. Pour certains, “réhabiliter une zone humide” veut dire voir de l’eau partout, tout le temps. Dans notre cas, une partie de la zone est très mouillée au printemps, puis s’assèche en surface l’été : c’est normal, et même souhaitable. On a beaucoup expliqué cela, aux élus comme aux clients.
 Enfin, il y a la partie réglementaire. On était clairement dans le champ de la Loi sur l’eau et sur des habitats à fort enjeu, donc on a pris le temps de bien monter le dossier, d’anticiper les espèces protégées et d’aligner le projet avec la stratégie ZAN du territoire.

Ressources complémentaires

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