Plongez au coeur de la transition écologique des destinations de montagne !

Initiée par Mountain Riders, cette plateforme est votre alliée pour découvrir, partager et mettre en oeuvre une montagne d’initiatives positives 

Créer une r.i.c.e (réserve internationale de ciel étoilé)

RÉDUIRE la pollution lumineuse : encourager l’éclairage responsable et les économies d’énergie
PRÉSERVER la biodiversité nocturne
COOPÉRER à différentes échelles : communes, gouvernements et organisations internationales.
SUIVRE la qualité du ciel étoilé / la biodiversité nocturne
Les services communaux, et les citoyens

Budget

VARIABLE

Temps

AU MOINS 1 A

Étapes

  • Se renseigner sur le label "Reserve Internationale de Ciel Etoilé" (RICE) sur l'association "International Dark Sky"
  • Identifier, avec des expert-e-s scientifiques ou amateur-ice-s, la zone présentant des caractéristiques exceptionnelles pour l'observation des étoiles, à protégér
  • Rechercher des soutiens auprès des communautés locales, gouvernements, scientifiques, organisations environnementales, clubs et associations locaux, habitant-e-s, passionnés
  • Organiser un événement rassemblant les partenaires pour impliquer et sensibiliser, à cette occasion, la communauté locale dans le processus de création de la réserve
  • Rédiger le plan de gestion avec les objectifs de la réserve, les engagements pris pour réduire la pollution lumineuse - avancées règlementaires, activités encouragées et interdites dans la zone protégée, et les stratégies de surveillance et de gestion
  • Déposer une candidature officielle auprès de l'International Dark-Sky Association (IDA) : in English please.

Retour d'expérience

Qui êtes-vous ?

Je suis Sterenn Poupard, chargée de mission Réserve Internationale de Ciel Etoilé (RICE) à la Communauté de communes Alpes d’Azur depuis 3 ans.

Un projet fédérateur

L’obtention du label en 2019 a contribué à fédérer 75 communes sur cette thématique-là. Cela a créé localement une dynamique et une envie d’avancer ensemble, qui n’est vraiment pas dérisoire. Que les élus s’engagent dans ce label et soient convaincus dès le départ, c’est un énorme atout pour que le projet avance. De plus, comme le label est assez exceptionnel, il permet d’avoir des subventions, et ce sont celles-ci qui ont permis de développer de nouveaux projets, comme un guide de préconisations sur lequel nous reviendrons, et de recruter du monde, ce qui permet de veiller au quotidien à ce que les projets soient bien menés.

Des bénéfices multiples

Lutter contre la pollution lumineuse, c’est préserver la qualité du ciel nocturne, mais pas seulement. C’est préserver l’environnement nocturne et les animaux qui vivent la nuit. C’est aussi un enjeu important de santé publique. Car on s’est rendu compte que les LED, qui sont interprétées par nos yeux comme de la lumière du soleil, dérèglent la production de mélatonine, et cela nuit à la qualité du sommeil. Et toutes les économies d’énergie qu’on peut faire, ce n’est pas anodin. Sur les territoires ruraux, où il n’y a pas beaucoup de bâtiments publics, et bien finalement la consommation d’énergie d’électricité ne concerne quasiment que l’éclairage public. Celui-ci peut représenter dans ces communes-là près de 70% de la facture. Donc en réduisant l’éclairage de 80%, on s’imagine bien les économies réalisées…

Réfléchir aux usages !

Un point important est de fournir un accompagnement aux communes qui sont en charge de l’éclairage public, quand elles veulent faire des travaux, par exemple. On leur fournit des outils, on les conseille pour faire les bons choix dans la lutte contre la pollution lumineuse. D’ailleurs, on a développé un guide d’éclairage public et privé qui recense toutes les préconisations dans le cadre de la RICE. Les partenaires (la CC, le parc national du Mercantour, le parc naturel régional des Préalpes d’Azur et le département des Alpes Maritimes), avec un syndicat d’énergie qui est en charge d’une grande partie de l’éclairage public des communes du département, ont fait un gros travail dans le but que les communes appliquent de manière systématique les préconisations les plus ambitieuses de la R.I.C.E. Cela passe par réduire autant que possible les points lumineux, car c’est bien d’éteindre ou de les orienter vers le sol, mais le point lumineux qui ne fait pas de pollution lumineuse c’est celui qui n’existe pas. On se rend compte que pendant plusieurs décennies, on a mis de l’éclairage parce que c’était un signe de modernité et de présence, sans vraiment réfléchir aux usages. Or il y a des endroits qui n’ont pas du tout besoin d’être éclairés. Donc aujourd’hui, la première question qu’il faut se poser c’est : quel point ne sert à rien ? Il y a toujours des réticences, mais on se rend compte que sur notre territoire, on ne se heurte pas à de très grandes difficultés. Sur certaines communes de la RICE, pendant le covid, des extinctions ont été faites d’office par les équipes municipales et ils ont continué après car il se sont rendu compte que cela ne gênait pas et en plus ils faisaient des économies d’énergie. A ce moment-là, les habitants se sont plaints « Non mais vous n’allez quand même pas éteindre l’éclairage public quand même ? ». Alors qu’en fait, il avait déjà été éteint depuis six mois et ils ne s’en étaient même pas rendu compte ! Il y a de la pédagogie à faire autour de ce sujet. Dans le territoire de la RICE, 75% des communes éteignent ou baissent l’éclairage la nuit.

L’éclairage privé, une menace

On s’est cependant rendu compte que dans les communes où il y avait de l’extinction assez longue, il y a plus d’éclairage privé, c’est-à-dire que les habitants vont mettre plus d’éclairage autour de la maison, dans les jardins, soit pour mettre en valeur leur maison, soit parce qu’ils estiment que cela sécurise. On assiste donc à certains endroits à une explosion de l’éclairage de type privé. La CC s’est engagée auprès du Ministère et de quelques autres partenaires, notamment la Fédération des parcs régionaux, à faire un test, sur un label national destiné aux entreprises, pour les inciter à faire des extinctions ou à mieux maîtriser leur pollution d’origine privée. Mais pour le particulier, malheureusement, à part la sensibilisation, il n’y a pas trop de leviers. La difficulté aussi c’est que, à Valberg il y a peu de résidents à l’année, et ceux qui mettent beaucoup d’éclairage ne sont pas forcément ce public-là. Donc pour atteindre ces personnes-là, ce n’est pas évident.

Les enjeux de demain

Il faut continuer à réduire la pollution lumineuse. Aussi, nous devons réellement quantifier les bénéfices des extinctions et des politiques en lien avec la lutte contre la pollution lumineuse en termes d’environnement. On a des études qui montrent que c’est bien pour la biodiversité, mais rien de très tangible encore. Cela prend du temps de faire des études sur le temps long, mais c’est important car cela apporte des preuves qui peuvent convaincre les moins convaincus. Certains sur notre territoire se saisissent de ce travail.

Ressources complémentaires

D'AUTRES ACTIONS À DÉCOUVRIR

Gouvernance &résilience
Economie durable
Dynamiques socio-culturelles
Gestion des ressources
Initiée par Mountain riders