Un point important est de fournir un accompagnement aux communes qui sont en charge de l’éclairage public, quand elles veulent faire des travaux, par exemple. On leur fournit des outils, on les conseille pour faire les bons choix dans la lutte contre la pollution lumineuse. D’ailleurs, on a développé un guide d’éclairage public et privé qui recense toutes les préconisations dans le cadre de la RICE. Les partenaires (la CC, le parc national du Mercantour, le parc naturel régional des Préalpes d’Azur et le département des Alpes Maritimes), avec un syndicat d’énergie qui est en charge d’une grande partie de l’éclairage public des communes du département, ont fait un gros travail dans le but que les communes appliquent de manière systématique les préconisations les plus ambitieuses de la R.I.C.E.
Cela passe par réduire autant que possible les points lumineux, car c’est bien d’éteindre ou de les orienter vers le sol, mais le point lumineux qui ne fait pas de pollution lumineuse c’est celui qui n’existe pas. On se rend compte que pendant plusieurs décennies, on a mis de l’éclairage parce que c’était un signe de modernité et de présence, sans vraiment réfléchir aux usages. Or il y a des endroits qui n’ont pas du tout besoin d’être éclairés. Donc aujourd’hui, la première question qu’il faut se poser c’est : quel point ne sert à rien ?
Il y a toujours des réticences, mais on se rend compte que sur notre territoire, on ne se heurte pas à de très grandes difficultés. Sur certaines communes de la RICE, pendant le covid, des extinctions ont été faites d’office par les équipes municipales et ils ont continué après car il se sont rendu compte que cela ne gênait pas et en plus ils faisaient des économies d’énergie. A ce moment-là, les habitants se sont plaints « Non mais vous n’allez quand même pas éteindre l’éclairage public quand même ? ». Alors qu’en fait, il avait déjà été éteint depuis six mois et ils ne s’en étaient même pas rendu compte ! Il y a de la pédagogie à faire autour de ce sujet. Dans le territoire de la RICE, 75% des communes éteignent ou baissent l’éclairage la nuit.
On s’est cependant rendu compte que dans les communes où il y avait de l’extinction assez longue, il y a plus d’éclairage privé, c’est-à-dire que les habitants vont mettre plus d’éclairage autour de la maison, dans les jardins, soit pour mettre en valeur leur maison, soit parce qu’ils estiment que cela sécurise. On assiste donc à certains endroits à une explosion de l’éclairage de type privé. La CC s’est engagée auprès du Ministère et de quelques autres partenaires, notamment la Fédération des parcs régionaux, à faire un test, sur un label national destiné aux entreprises, pour les inciter à faire des extinctions ou à mieux maîtriser leur pollution d’origine privée. Mais pour le particulier, malheureusement, à part la sensibilisation, il n’y a pas trop de leviers. La difficulté aussi c’est que, à Valberg il y a peu de résidents à l’année, et ceux qui mettent beaucoup d’éclairage ne sont pas forcément ce public-là. Donc pour atteindre ces personnes-là, ce n’est pas évident.