Témoignage · Lans-en-Vercors
Ils l’ont fait, ils nous le racontent.
Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Philippe Bernard, élu à la commune de Lans-en-Vercors, délégué au Parc naturel régional du Vercors. Je suis référent du rucher collectif de Lans-en-Vercors et également de l’Atlas de la Biodiversité Communale. Passionné par les abeilles, issu d’un milieu rural et agricole, membre d’associations d’apiculteurs, je me suis investi dans ce projet depuis sa naissance, il y a 7 ans.
Pourquoi ce projet ?
Déjà, j’avais pas mal de gens qui me sollicitaient, beaucoup de questions à droite à gauche, je savais qu’il y avait une forte demande. Si l’on fait une photo de Lans-en-Vercors il y a 50 ans, les ruches étaient présentes dans toutes les fermes. Les abeilles assuraient la pollinisation sur tout le plateau. Et j’ai remarqué que ce n'était plus le cas, c’est ce qui m’a motivé à me lancer dans ce projet de rucher collectif pour retrouver cet écosystème présent il y a un demi-siècle sur Lans-en-Vercors. C’était plus rapide que nous le pensions, en une dizaine d'années il y avait des ruches dans tous les hameaux du village. Aujourd'hui, le rucher collectif compte une trentaine de ruches.
Il était une fois un rucher collectif...
On a démarré avec un petit groupe de 3 apiculteurs, au départ on était dans mon terrain à la maison avant d’avoir un emplacement communal. C’était un petit noyau. Puis le bouche à oreille nous a permis de recruter du monde. Ensuite, les newsletters de la commune ont permis d’essaimer le projet, de le faire connaître et de regrouper les personnes curieuses de s’investir autour du rucher collectif. Avec un coup de newsletter, on voyait à chaque fois des nouveaux arrivants dans le projet.
Et puis à Lans-en-Vercors, on marche en “collectif”, avec une forte présence des associations permettant de faciliter les échanges sur les sujets environnementaux.
Une organisation digne d'un rucher
On communique en interne sur un groupe whatsapp “Rucher” qui rassemble tous les gens impliqués dans le projet de rucher collectif. Cela nous permet d’avoir toutes les informations des gens du rucher pour savoir qui fait quoi à quel moment, qui a besoin de tel ou tel matériel etc…
En parallèle, j’ai créé un autre groupe whatsapp “Vercors” plus large ouvert à toutes les personnes impliquées dans la pratique de l’apiculture sur le plateau du Vercors. Des informations comme la présence du varroa, l’organisation de réunions collectives sont partagées !
Quelques investissements
Il y a le matériel collectif avec principalement ce qui touche à l’extraction de miel (extracteur, maturateur) qui a fait l’objet d’un investissement collectif à hauteur de 15/20 euros par personne. On fait tourner le matériel sur le mois de juin. Ensuite, concernant les ruches et les essaims, ce sont des investissements personnels.
Et pourtant cela ne nous a pas arrêté...
Le principal frein a été de trouver le terrain communal : à l’abri du vent, plutôt bien ensoleillé, pas trop humide (car les abeilles n’aiment pas trop l’humidité) et puis surtout accessible !
Au début, on avait proposé un terrain qui était globalement inaccessible car très escarpé. Or, si l’on veut que des personnes ayant du mal à se déplacer soient intégrées au projet alors il faut penser à cela en amont. Pour plus de praticité, notre terrain est accessible en voiture.
Une autre difficulté est la menace potentielle du frelon asiatique, une espèce exotique envahissante, dont l’impact est vraiment préjudiciable pour les abeilles. Pour travailler avec cette “menace”, on organise régulièrement des formations sur le rucher notamment pour permettre une bonne gestion sanitaire du rucher.
