RELOCALISER les échanges économiques pour renforcer la résilience du territoire.
SOUTENIR les acteurs locaux engagés dans une économie solidaire et durable.
FAVORISER la transition écologique en encourageant les circuits courts.
MAINTENIR et faire circuler la richesse produite localement.
SENSIBILISER habitants, commerçants et visiteurs à une consommation responsable
Budget
temps nécéssaire
5 000 € minimum
2 ans
Qui s'implique ?
La collectivité ou communauté de communes, l’office de tourisme, les commerçants, producteurs, artisans et associations locales, les habitants, les partenaires financiers et éthiques.
Les points de vigilance !
– Assurer une gestion financière transparente et rigoureuse, adossée à une banque éthique garantissant la convertibilité (1 = 1).
– Simplifier l’usage pour les commerçants en limitant les contraintes comptables et administratives.
– Animer en continu la monnaie par des actions, événements et partenariats pour maintenir son dynamisme.
LEs étapes
Étape 1
Évaluer la faisabilité : rencontrer les acteurs locaux, repérer les flux économiques, recueillir besoins et attentes. On constitue ensuite un comité de pilotage (collectivité, OT, commerçants, citoyens) qui choisit le nom, les objectifs, les valeurs, le périmètre de la monnaie et tranche sur le format : papier, numérique ou mixte.
Étape 2
Le succès repose sur un réseau d’acteurs engagés : on crée souvent une association ou une coopérative pour gérer la monnaie, assurer la transparence et la gouvernance collective. Les socioprofessionnels et associations sont impliqués dès le départ via des réunions, des enquêtes, des forums, et la création d’une charte d’engagement des utilisateurs et partenaires co-rédigé.
Étape 3
Fixer une parité simple : 1 unité locale = 1 euro, et les euros collectés sont placés sur un compte de garantie (banque éthique) pour sécuriser le système. On définit les règles d’émission et de circulation, la possibilité ou non de reconversion en euros, et on anticipe les aspects juridiques et comptables (statuts, TVA, facturation). Le support (billets papier, appli numérique, carte prépayée) est choisi en fonction du profil du territoire et des usages des habitants et touristes.
Étape 4
Travailler sur l’identité de la monnaie : nom, charte graphique, visuels des billets ou de l’appli, en lien avec les paysages, le patrimoine culturelle du territoire. En parallèle, lancer une campagne de communication : réseaux sociaux, site web, outils pédagogiques (sticker sur les espaces où la monnaie est acceptée. L’objectif : donner envie d’utiliser la monnaie et expliquer son fonctionnement simplement.
Étape 5
Organiser le lancement officiel lors d’un événement public pour distribuer les premiers billets, présenter les partenaires et mettre en avant les premiers commerces adhérents. Ensuite, animer le réseau par des visites de terrain, newsletters, portraits d’acteurs, rencontres, événements thématiques… tout cela permet de maintenir la dynamique et de faire vivre la monnaie dans la durée.
Étape 6
Après la mise en circulation, réaliser un suivi régulier de l’utilisation de la monnaie : mesurer les retombées locales et ajuster le dispositif. Organiser des réunions régulières avec les commerçants et les usagers pour recueillir les retours, repérer les freins (complexité, manque d’info, logistique) et améliorer les outils. La monnaie peut ensuite évoluer vers de nouveaux usages : version numérique, chèques cadeaux solidaires, dispositif dédié aux touristes ou aux professionnels.
témoignage :
Qui êtes vous ? Je m’appelle Chloé Ancrenaz, je suis "Chargée de promotion B2B à l’Office de Tourisme de Chamonix Mont-Blanc". Mon rôle, c’est de travailler au quotidien avec les socio-professionnels du territoire (hébergeurs, restaurateurs, commerces, activités) pour renforcer l’attractivité de la destination et accompagner des démarches collectives. La question de la monnaie locale m’intéresse particulièrement parce qu’elle touche à quelque chose de très concret : faire circuler la valeur sur place, créer du lien entre acteurs, et encourager des achats plus locaux, donc plus cohérents avec l’économie de vallée.
Une dynamique partagéeAvant de mettre en place la monnaie, on a fait le tour des acteurs locaux : commerçants, artisans, agriculteurs, hébergeurs, associations, habitants… On voulait que la monnaie se développe à partir d’une dynamique partagée.
Avec l’appui de Monnaies Locales AURA, on a organisé des ateliers participatifs et des réunions d’information.
Plus de 90 structures acceptent le CHABDès le lancement début 2023, on a vu que le CHAB décloisonnait : un apiculteur paie en CHAB son imprimeur local, une crêperie fait une remise aux clients qui paient en CHAB, un magasin de sport passe commande à un fabricant de bâtons de ski local.
Aujourd’hui, plus de 90 structures acceptent le CHAB, dans tous les domaines : alimentation bio, hébergements, transports, culture, artisanat, bien-être, montagne…
Plus de 45 000 CHABs ont circuléUn an après son lancement, plus de 45 000 CHABs ont circulé. Et ce n’est qu’un début. On développe maintenant une version “tourisme responsable”, avec des offres spécifiques pour inciter les visiteurs à soutenir l’économie locale via le CHAB.
Il a fallu convaincre et rassurerIl a fallu convaincre et rassurer. Mais les commerçants qui ont essayé ont vu un nouveau lien se créer avec leurs clients, une visibilité accrue, et une reconnaissance d’engagement.
Certains utilisent le CHAB pour payer leurs fournisseurs, d’autres l’utilisent pour les cadeaux clients ou les salaires partiels. Et surtout, le CHAB reste et circule dans la vallée.