En début d’année, on reçoit à l’école des propositions d’activité à faire avec les enfants par le centre de la nature montagnarde. J’ai choisi le projet un berger dans mon école car je trouve intéressant qu’il y ait à la fois des activités à faire en classe, et sur le terrain : aller à la ferme, à l’alpage, et se rendre compte concrètement de ce que c’est. Durant l’année 2021-2022, nous avons été en contact avec Flavie Melendez qui exerce son métier de bergère sur l’alpage de la Joux et du domaine skiable de Saint-Gervais-Les bains. Les enfants ont pu vraiment voir la vie du berger, et cette rencontre est chouette car c’est la personne qui parle de son métier, de son vécu, de sa manière de vivre… C’est authentique. Les préjugés sont cassés car quand j’ai dit aux enfants qu’on allait travailler avec un berger, tout de suite ils imaginaient un vieux monsieur barbu avec sa canne, un peu bourru, et quand ils ont vu débarquer Flavie, toute jeune et toute jolie, plein d’énergie, ils étaient étonnés ! Oui, une femme peut être bergère ! Je pense aussi que cela peut créer des vocations chez certains enfants.
J’avais couplé ce projet avec la découverte du patrimoine de notre région. On peut vivre dans notre région sans rien connaître du patrimoine qu’il y a autour, et ce projet permet de connaître le pastoralisme et tout ce qui s’en accompagne. On a travaillé sur les montagnes, les difficultés du métier, la définition du patrimoine, et pourquoi c’est important de le conserver. Les enfants n’avaient pas conscience de tout cela.
Ce n’est pas parce que les enfants habitent ici qu’ils connaissent ces métiers-là et leur importance. Ils ne se rendent pas compte que c’est grâce au berger qu’on a du fromage, du lait, des yaourts, etc. Les enfants ont appris à fabriquer du fromage en classe, c’était génial. Ils ont appris à savoir comment il est fabriqué, et lesquels sont fabriqués chez nous, afin qu’ils connaissent les produits locaux. C’était cela aussi l’objectif : qu’ils sachent ce qui est produit dans notre territoire et qu’ils en soient fiers.
Tout était bien organisé par la Société d’Economie Alpestre. On nous a expliqué lors d’une réunion de début d’année tout le déroulé, toutes les dates des interventions, des rendus des travaux. Nous les enseignants, on a finalement peu de chose à faire, à part de s’engager avec les enfants. La petite difficulté qu’il y a c’est qu’il faut choisir parmi toutes les activités et cela peut être un peu frustrant. On peut aller à l’alpage, à la ferme, mais tout cela a un coût financier. Donc cela dépend après du budget que veut consacrer l’école au projet. Tous les acteurs se retrouvaient lors de la journée de mutualisation, lors de laquelle chaque classe devait préparer un jeu, c’est très sympathique. On voyait aussi ce qu’ils avaient retenu de l’année, et cela se clôturait par un pique-nique, un spectacle. Cela bouclait le projet d’une belle manière. Je pense qu’il faut que cela perdure, car c’est une belle initiative.