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Réaliser un handiguide de la destination

RESCENCER et valoriser l’ensemble des offres de la destination (hébergements, commerces, loisirs, transports, équipements).
FACILITER le séjour autonome des personnes en situation de handicap (moteur, visuel, auditif, mental).
CRÉER un outil de communication clair et inclusif, valorisant les acteurs engagés.
RENFORCER l’attractivité touristique responsable de la destination.
La collectivité / Office de tourisme, les socio-professionnels, les associations locales du handicap, les usagers, partenaires techniques

Budget

10 à 20 000 €

Temps

6 à 9 mois

Étapes

  • Définir clairement les objectifs du Handiguide : s’agit-il d’un outil d’information, d’un levier de labellisation ou d’un support de sensibilisation ? Une fois la finalité posée, la collectivité réunit ses partenaires clés — office de tourisme, élus, techniciens, associations du handicap et acteurs touristiques — pour former un comité de pilotage dédié. Ce groupe fixe le périmètre du projet, les ressources disponibles et le format du guide (papier, numérique, interactif ou mixte). Ce cadrage initial est essentiel pour assurer une coordination efficace et une vision partagée du projet.
  • L’équipe identifie l’ensemble des structures touristiques du territoire : hébergements, restaurants, sites de visite, activités, transports, services publics… Chaque lieu est évalué selon une grille adaptée à différents types de handicap (moteur, visuel, auditif, mental). Ce diagnostic repose sur des visites terrain, des échanges avec les professionnels et parfois des autoévaluations accompagnées. L’objectif est d’obtenir une vision globale, juste et précise de l’accessibilité réelle du territoire.
  • Organiser des ateliers participatifs sont avec les socio-professionnels, les associations locales du handicap et des habitants concernés. Ces temps d’échange permettent d’enrichir les données collectées, de valider les informations, mais aussi de sensibiliser les acteurs à la réalité de l’accessibilité. Les usagers apportent leur expertise d’usage, souvent complémentaire aux normes techniques. Ensemble, ils participent à la création d’une cartographie des lieux accessibles et à la définition d’un ton clair, bienveillant et inclusif.
  • Le contenu du guide est ensuite rédigé à partir des informations vérifiées. Chaque fiche doit être claire, concise et structurée, avec des données utiles sur les accès, les aménagements, les services proposés et les éventuelles limitations. La conception graphique est pensée pour être lisible et intuitive : pictogrammes, contraste de couleurs, typographie adaptée, et application des principes du “Facile à Lire et à Comprendre” (FALC). La version numérique, si elle existe, doit répondre aux critères d’accessibilité web (lecture vocale, navigation clavier, zoom possible). L’ensemble doit refléter les valeurs d’inclusion et de transparence du territoire.
  • Une fois finalisé, le Handiguide est diffusé largement dans les offices de tourisme, les mairies, les hébergements, les gares, les établissements touristiques et sur les sites internet des partenaires. Sa version numérique permet un accès simple via QR code ou téléchargement. La communication met en avant l’utilité de l’outil, mais aussi les acteurs engagés qui y figurent. Le lancement peut faire l’objet d’un événement local rassemblant élus, associations, socio-professionnels et habitants afin de valoriser collectivement la démarche d’inclusion du territoire.
  • Une mise à jour régulière est indispensable pour garantir la fiabilité des informations. Un calendrier annuel de révision est établi, intégrant les retours des usagers et des acteurs touristiques. Cette étape permet aussi d’accompagner les établissements dans leurs démarches de mise en accessibilité et d’identifier les progrès réalisés. Le comité de pilotage continue de se réunir pour suivre les évolutions, ajuster le contenu et enrichir le guide au fil du temps, afin qu’il reste un outil utile, dynamique et au service de tous.

Retour d'expérience

Qui êtes-vous ?

Je suis Laure Murguet, responsable développement de l’expérience client à l’Office de tourisme de Chamonix-Mont-Blanc. Cela fait maintenant quatre ans que je travaille sur les questions d’accueil inclusif, en lien avec les socio-professionnels, les associations locales, et les élus de la vallée. Le Handiguide, c’était pour nous une suite logique à plusieurs actions déjà engagées sur l’accessibilité, mais avec cette volonté nouvelle de structurer l’ensemble dans un outil clair, complet et partagé.

Pourquoi avoir lancé ce Handiguide ?

Nous avions des demandes régulières de visiteurs en situation de handicap, ou de leurs proches, sur la possibilité de séjourner à Chamonix de manière autonome. Les informations étaient dispersées, parfois obsolètes ou peu lisibles. En parallèle, plusieurs établissements s’étaient engagés dans des démarches volontaires (labels, travaux, formations) sans toujours être visibles. Le Handiguide est né de ce double constat : mieux répondre aux attentes des usagers et valoriser les efforts des acteurs locaux.

Comment s’est déroulé le projet ?

Nous avons constitué un comité de pilotage dès le début, regroupant la mairie, des techniciens du service urbanisme, les associations locales (notamment Chamonix Access et APF France Handicap), et bien sûr des hébergeurs, restaurateurs, transporteurs, etc. L’étape de cadrage a été essentielle : nous avons défini ensemble les objectifs, les publics ciblés, et surtout une méthodologie d’évaluation claire. Pendant plusieurs mois, nous avons sillonné le territoire pour recenser les lieux, tester les parcours, échanger avec les professionnels. Chaque visite était l’occasion de constater les points forts mais aussi les limites.

Quel a été le rôle des usagers ?

Indispensable. Nous avons organisé deux ateliers participatifs avec des habitants en situation de handicap. Ils nous ont permis d’ajuster notre grille d’analyse, mais aussi notre langage. Par exemple, certains pictogrammes ou termes techniques que nous pensions clairs étaient en réalité ambigus. Cela a vraiment enrichi le guide, tant sur le fond que sur la forme.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

La première chose : l’accessibilité, ce n’est pas tout ou rien. Il y a des degrés, des solutions de contournement, des accompagnements possibles. Il faut apprendre à les décrire avec justesse. La seconde, c’est l’importance du travail en réseau. Ce projet a renforcé les liens entre l’office de tourisme et les autres acteurs du territoire. Et les retours ont été très positifs, y compris de la part de professionnels qui n’avaient pas été sensibilisés à ces enjeux auparavant. Enfin, la régularité. Ce guide n’est pas figé. Nous avons déjà prévu une mise à jour annuelle et des temps d’échange réguliers pour continuer à progresser collectivement.

Un conseil à donner ?

Prendre le temps du cadrage et surtout co-construire avec les personnes concernées. Cela évite de passer à côté des vrais besoins. Et ne pas viser la perfection tout de suite : il vaut mieux un guide sincère, incomplet mais utile, qu’un document “parfait” qui dort dans un tiroir.

Ressources complémentaires

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