Je suis allé solliciter la directrice en premier puis ensuite les enseignants en donnant des documents relatifs au projet (il faut avant tout que le projet soit retenu par les enseignants.), puis, nous sommes allés dans une commune pilote en Savoie avec le conseil municipal des jeunes.
En fait, on doit avant tout passer par les enseignants et les mettre dans la boucle puisque les programmes pédagogiques se font en amont pour l’année scolaire. Bien entendu, comme les enseignants n’ont pas forcément les connaissances du vocabulaire spécifique au milieu forestier, il faut avoir un temps pour partager et transmettre ces notions. C’est donc la commune qui candidate auprès de la Fédération Nationale des Communes Forestières avec en amont une volonté des enseignants et des élus pour prendre part au projet. A Lans-en-Vercors, avec le maire et les enseignants nous avons fait des réunions pour expliquer la démarche. Ensuite, une fois le projet retenu avant l’été, il a fallu l’articuler sur le terrain, notamment avec l’Office National des Forêt et les acteurs économiques. Dès la rentrée des classes au mois de septembre les élèves et enseignants peuvent commencer le projet, par exemple on s’est retrouvé sur le terrain mi-octobre pour les plantations mais en amont en classe il y a eu des explications, de la pédagogie et de la transmission de connaissances.
On a un groupe de travail informel via les enseignants et la commune (élus et administratifs), on connaît les personnes maintenant, le lien a été fait, c’est plus facile pour échanger lors de ces réunions participatives.
On est allé planter des jeunes plants dans une parcelle sur laquelle nous nous étions accordés avec l’ONF, à la Croix Perrin. En deux jours, les enfants ont pu rencontrer des acteurs économiques (comme les bûcherons, les débardeurs, ceux qui transportent les bois : les grumiers), l’écosystème et la parcelle. Chaque enfant a planté son plant en inscrivant son nom sur une étiquette accrochée à l’arbre, de façon à pouvoir suivre l’évolution de leur arbre. On essaye de le faire de manière ludique, et je peux vous dire que les 90 enfants qui étaient là s’en souviendront ! C’était vraiment très très sympa, ils ont accroché.
Et bien sûr à l’école, les connaissances diffusées sont en lien avec l’impact du changement climatique sur ces écosystèmes forestiers, avec par exemple, la présentation d’une carte réalisée par l’ONF montrant les dynamiques de peuplement en fonction de la hausse des températures. Ce qui permet d’expliquer aux enfants les mesures d’adaptation auxquelles ils participent au choix des essences à planter (Cèdre de l’Atlas, Pin laricio). L’idée c’est d’anticiper et de transmettre aux enfants ! C’est une sensibilisation après ils prendront des petits bouts mais déjà le fait de suivre les arbres en forêts c’est quelque chose de fort. Je sais que de temps en temps il y a des enfants avec leurs parents qui montent pour voir l’état de leur arbre. Bon certains ont été abroutis par le cerf, le chevreuil et même le lapin !